A la rencontre de Laurent Mignon

Régulièrement, je vous propose de partir à la rencontre d’un acteur du digital santé en France.

Aujourd’hui, partons à la rencontre de Laurent Mignon, Directeur Associé de l’agence LauMa communication.

Laurent MignonBonjour Laurent. Peux-tu te présenter brièvement ?

Bonjour Rémy. Tout d’abord merci pour cette invitation sur ton blog. Je co-dirige LauMa communication, une agence de relations aux publics. J’ai créé celle-ci, il y a déjà un peu plus de 4 ans, avec Emmanuelle Klein. LauMa a pour particularité d’avoir, depuis sa création, une forte activité en santé (70 % à 80 %) dont la moitié en e-santé.

A titre personnel, et en dehors d’être un accro des technologies médicales et de la e-santé au sens le plus large du terme (du très haut débit en santé au site Internet santé, en passant par les télémédecine, la simulation, les objets et applications mobiles de santé…), je suis Vice-Président du collège agences et prestataires de services de l’association Isidore Santé (http://isidore-sante.fr) et membre de la commission services du pôle de compétitivité Cap Digital (www.capdigital.com), où j’évalue des projets en e-santé.

Avec LauMa Communication vous accompagnez différents acteurs du monde de la santé. Quels sont aujourd’hui les acteurs les plus « digitaux » ?

Bien évidemment les start-ups puisqu’elles sont nées avec le digital, puis les entreprises du dispositif médical implantable, de l’imagerie… pour qui la e-santé fait partie de leur ADN – d’ailleurs, il est à noter que la plupart d’entre elles ne parlent pas d’e-santé, de santé connectée ni même de médecine connectée mais tout simplement de santé – puis les entreprises du médicaments qui commencent à entrevoir les possibilités du digital en santé sans toutefois en prendre tout à fait la mesure à l’exception de quelques acteurs spécifiques.

De fait, le digital en santé, ce n’est pas de la communication. Ça doit être pensé comme un produit ou service donc servir un objectif précis en lien avec l’utilisateur de ce produit ou service.

J’allais oublier, dans mon classement, les associations de patients. Regardez de près, vous verrez que nombre d’entres elles ont pris la mesure du digital en santé et que de très bonnes idées sont en train d’éclore de ce côté. Je les situerais donc entre les entreprises de technologies médicales et les laboratoires pharmaceutiques. De fait, si elles avaient les moyens de ces derniers, je pense que la France aurait rattrapé son retard en e-santé depuis longtemps.

Quel est l’impact du digital aujourd’hui dans la communication santé ?

Sur le versant communication, il faut différencier deux domaines. La communication digitale au service de produits, traitements, médicaments… et la communication du changement de comportement en santé.

Dans le premier cas, le digital est à la fois un mode d’action et un / des médias. Sur ce point de nombreux acteurs, comme dans d’autres domaines économiques, utilisent cette possibilité mais, notamment les entreprises de santé – laboratoires pharmaceutiques ou entreprises de technologies médicales, adressent encore peu les possibilités des médias sociaux digitaux.

Pour le second domaine, celui du changement de comportement en santé, les initiatives proviennent essentiellement des acteurs médicaux – professionnels de santé, sociétés savantes, établissements de santé ou institutions – et des start-ups. De fait, il s’agit de modifier des attitudes, des comportements via différents d’outils dont les outils digitaux. Il s’agit principalement de programmes d’eETP menés par des médecins sur Facebook, des plateformes d’accompagnement en santé et prévention (via des mApps et / ou des service web) : coaching en ligne, amélioration de l’observance, enrichissement de la relation médecin-patient… Et ce avec ou sans objets connectés de santé.

Observateur de l’e-santé en France depuis de nombreuses années, comment vois-tu évoluer l’e-santé dans les années à venir en France ?

A court ou moyen terme, je pense que différents phénomènes vont avoir lieu.

Tout d’abord, une réappropriation de l’e-santé par les médecins et les professionnels de santé via principalement la demande croissante des patients et usagers de santé. Cette réappropriation va, non pas créer une nouvelle relation médecin-patient – mais permettre de revenir à une relation médecin-patient fondée sur l’échange et la compréhension. En résumé, une objectivation du dialogue médecin-patient.

En parallèle, une nouvelle démocratie sanitaire devrait voir le jour. Une démocratie plus participative où la représentation des usagers et patients ne passera pas uniquement par les associations agréées mais par des moyens digitaux d’expression et de mise en forme / restitution de cette expression.

A plus long terme, et c’est là le point le plus intéressant sur les aspects économiques, nous verrons certainement une profonde recomposition du poids et du rôle des acteurs industriels. Via la digitalisation de la santé, il y aura la montée de la communication du changement de comportement en santé, et bien évidemment les GAFA pourront – s’ils le souhaitent réellement – être les nouveaux leaders de la santé mais d’autres acteurs pourraient surprendre : les entreprises de technologies médicales. Comme je l’ai indiqué, le digital est dans leur ADN mais surtout nos systèmes de santé se tournent vers une médecine plus préventive que curative donc liée à des modes de diagnostic plus prédictifs et qui dit diagnostic dit imagerie, biologie, génétique, génomique et smart & big data…

Pour aller plus loin : lauma-communication.com ; @laumacom

Publicités

A la rencontre de Lionel Reichardt alias PharmaGeek

Régulièrement , je vous propose de partir à la rencontre d’un acteur du digital santé en France.

Aujourd’hui, partons à la rencontre d’un des principaux e-influenceurs du digital santé et de l’e-santé en France : Lionel Reichardt, plus connu sous le nom de PharmaGeek.

Bonjour Lionel. Peux-tu te présenter brièvement ?

PharmageekBonjour Rémy et merci pour cette interview. Difficile de savoir par ou commencer. Ceux qui me connaissent ou qui me suivent sur les réseaux sociaux savent que je suis un boulimique d’activités.

Pour le dire simplement, je crois que je suis un explorateur de la E-transformation de la santé. En tout cas c’est comme ça que j’ai voulu positionner la société que j’ai créée l’année dernière : 7C’S HEALTH.

Sept « C » pour reprendre des notions qui me semblent fondamentales dans les changements actuels en santé.

  • Continuum, pour décloisonner la santé et au plus proche du parcours patient
  • Convergence, pour insister sur l’importance de construire de solutions parfois en couplant plusieurs technologies ou expertises
  • Compliance car elle est essentielle dans notre secteur
  • Customer car j’ai toujours eu une orientation client très forte
  • Community, car je crois à la notion et à la force de la communauté
  • Communication, elle est essentielle en santé, elle doit être fiable et accessible à l’heure du web
  • Co-création car la santé de demain se construira à plusieurs ou ne se construira pas.

Enfin 7C’S HEALTH en anglais à la même sonorité que « Seven Seas » : les « Sept Mers ». Nous devons aujourd’hui dessiner les cartes de la santé de demain avec de nouveaux territoires et usages ouverts par les nouvelles technologies…

Ce sont les valeurs qui me guident pour accompagner mes clients et partenaires sur les missions et projets que je mène.

Ces convictions je les porte aussi au sein de quelques structures dont je fais aussi partie comme Medappcare sur l’évaluation des applications mobiles en santé avec David Sainati et Umanlife un carnet de santé 2.0 doublé d’un coach personnalisé fondée par Alexandre Plé.

Pour moi c’est important d’être au plus proche de l’opérationnel pour garder un esprit pragmatique sur les sujets E santé. Cela correspond aussi aux valeurs qui me sont chères comme l’amitié, le partage et le travail en équipe.

C’est d’ailleurs ce qui fait que j’ai rejoint le Club Digital Santé voilà près de 3 ans. J’en profite pour saluer ton rôle essentiel dans l’organisation du CDS et la qualité de chacun des « gentils organisateurs » du club…

Pharmageek m’apporte aussi de beaux moments et de belles rencontres.

 

Peux-tu nous dire quelques mots sur ton blog Pharmageek?

L’histoire de Pharmageek a réellement démarré début 2012 avec le premier Scoop-it sur la E-santé.

Après 15 années passées dans l’industrie pharmaceutiques à des postes de direction commerciales, marketing/ventes ou supply chain, j’ai été confronté à ma deuxième fusion et mon premier plan social.

A 40 ans j’ai fait le constat que je ne voyais plus de clients, que je ne travaillais qu’à court terme, que le sens de ce que l’on me demandait était de plus en plus difficile à trouver y compris pour mon management et mes collègues ou collaborateurs et j’avais le sentiment que nous, industrie de santé, passions à côté de deux choses essentielles : le digital et le client.

J’ai donc choisi de partir et d’aller faire un MBA en E-business et en parallèle à cela je me suis intéressé à la e-santé et aux réseaux sociaux.

A l’époque je n’étais ni sur Facebook, ni sur Twitter…j’avais 26 contacts sur Linkedin…

Il faut dire qu’en plus de travailler beaucoup, j’ai trois enfants avec qui j’adore passer du temps.

J’ai plus de 23 000 followers désormais et près de 2500 contacts sur Linkedin…et j’en suis toujours le premier surpris.

Comme tu le sais j’ai commencé par la Curation. Du premier magazine sur scoop it, 14 autres sont venus le rejoindre accompagnant ainsi mon souhait de rendre le suivi plus simple pour les lecteurs et mieux structurer ainsi ma veille.

En 2013 je me suis rendu à la silicon valley pour rencontrer des startups e santé..c’est à ce moment là qu’est né Pharmageek.fr même si le blog était déjà créé depuis plusieurs mois.

(Pour info au mois de Juin prochain nous retournons à la SIlicon Valley avec un groupe pour une learning expedition Esanté de l’Atelier …j’avoue être impatient et je la recommande à tous ceux qui s’intéressent à la e santé…)

« J’avais des choses à dire. C’est surement prétentieux. Mais je ne voulais pas être qu’un « pousseur » d’informations. »

Mais je suis un blogueur irrégulier, relativement indiscipliné. C’est pour ça que je vais développer une partie « collectif » sur Pharmageek pour permettre à d’autres de publier du contenu via mes canaux et bénéficier ainsi de ma communauté.

Par ailleurs heureusement que @chanfimao (le formidable Chanfi Maoulida) m’aide sur la partie technique. Début 2015 le site a été hacké et nous avons du le fermer près de 2 semaines pour le remettre d’aplomb. J’ai aussi un groupe d’étudiants du MBA MCI qui travaille avec moi pour développer la prochaine version et mener à bien quelques projets que j’ai en tête.

Aujourd’hui entre Scoop it et Pharmageek on tend vers 60 000 pages vues/mois, près de 1500 abonnés sur les revues et 3 000 visiteurs uniques sur le site chaque mois.

logo_pharmageek_5001

Blogueur et observateur du digital santé depuis de nombreuses années, quel regard portes-tu sur la blogosphère santé ?

La blogosphère en elle même j’en pense le plus grand bien.

Si il s’agit de blogs, il y en a finalement peu. Toi bien sûr, Fabrice (Vezin) et quelques blogs d’entreprises comme Orange Healthcare ou Doctors 2.0 de Denise Silber…

Puis les blogueurs Anglo saxons… j’adore Andrew (Spong) ou Pharmaguy.

Mais concernant la e santé on tourne un peu en rond. Beaucoup d’autres acteurs arrivent et les think tanks, les incubateurs, les blogs vont se multiplier. J’ai peur que cela créé une lassitude ; un sentiment de mode ou d’habitude et que cela desserve finalement le sujet en lui même. Il en va de même des conférences ou des rendez vous sur le thème de la e-santé.

Mais à chacun d’en juger et de choisir les espaces qui lui semblent dignes d’intérêt…

 

Pour finir, comment vois-tu évoluer l’e-santé, et plus spécifiquement le digital santé, dans les années à venir en France ?

J’ai un peu répondu au dessus… mais j’ai conscience surtout que le « digital santé » regroupe une multitude d’activités et d’acteurs et que de l’aborder en global ne permettra pas d’avancer.

Pour les clients et partenaires que j’accompagne on travaille de plus en plus sur des solutions très ciblées répondant à un besoin précis et à la maturité de leur entreprise et de leurs cibles.

Ces derniers mois j’ai beaucoup accompagné sur des démarches vers les professionnels de santé et cela me semble essentiel. Il est très compliqué de lancer des solutions digitales vers, ou via, les professionnels de santé tant que leur maturité sur le sujet est aussi basse et hétérogène.

Beaucoup d’acteurs s’y mettent et cela me semble très important. J’interviens régulièrement lors de symposium médecins sur des sujets e-santé ou des programmes que j’appelle « Pathologie 2.0 ». Jai déjà exploré des thèmes comme Oncologie 2.0, Diabète 2.0, Psoriasis 2.0, SEP 2.0 ou les RIC.. à chaque fois j’apprends plein de choses des échanges avec les médecins tant hospitaliers que de ville et je vois combien ils sont curieux et en attente sur ces sujets.

J’ai appris de 10 ans à travailler dans une culture japonaise un dicton qui va très bien à la e santé :

« Quand tu vas dans un village, vis comme les villageois ».

Ce que je veux dire par là c’est que s’agissant de e-santé il faut que les acteurs adoptent les codes de la santé. La compliance bien sur, mais aussi le besoin de preuves et l’évaluation des solutions qui seront mises en place avec un très haut niveau d’exigence pour les accompagner.

Chacun pense ce qu’il veut de la pharma mais travailler dans un cadre réglementaire aussi strict et sur des produits aussi spécifiques est formateur. Ce n’est pas à toi que je vais apprendre ça.

Mais si nous voulons que la santé digitale avance il faut répondre aux besoins et aux usages des utilisateurs, des patients.

Il faut revoir complètement la culture des entreprises de santé, être plus orienté client et « designer » nos solutions pour et avec les utilisateurs.

C’est en cela que les big tech ont l’avantage, c’est dans leur ADN.

Concernant le cas spécifique de la France je pense que nous disposons d’un système précieux mais souffrons d’un mal majeur…le cloisonnement.

Je pense souvent à Alice au pays des merveilles quand je parle e-santé en France. :

« Vous voulez que je vous l’explique en plus compliqué ? »

Le mal Français est là. Mais nous avons de grands talents, de belles entreprises, des startups prometteuses.. .Il faut dans notre domaine aussi un choc de simplification.

A bon entendeur.

——————————

Les prochaines dates de Lionel :

  • 07 Mars : TedX Istec, keynote dans la tendance « La médecine des immortels »
  • 13 Mars : Journée de la Femme digitale, organisation et animation d’une table ronde sur « 2015, année du Uber de la santé ? »
  • 19 Mars : Matinée organisée par l’Atelier BNP Paribas, participation à la table ronde »Médecine prédictive : le soignant doit-il devenir un data scientist? »
  • 20 Mars : DII L’Industrie Pharma à l’ère digitale, intervention sur le thème : Nouveaux acteurs de la santé prédictive et de l’exploitation des données, les GAFAMS : concurrents ou partenaires ?
  • 21 Mars : Pharmagora, e-santé et les opportunités pour le pharmacien d’officine – keynote avec Umanlife et iHealth
  • 27/29 Mars : Hackathon e-santé – 48h pour innover au service des patients BeMyApp- NOVARTIS, membre du jury
  • 7 Avril : CCM Benchmark e-Santé 2015 – Nouvelles stratégies digitales – Introduction et animation de la table ronde « E-Santé et transformation digitales : les nouveaux enjeux »

A la découverte du Hacking Health Camp

Régulièrement, je vous propose de partir à la rencontre d’un acteur du digital santé en France.

Hacking Health et Alsace Digitale organisent la 2ème édition du Hacking Health Camp en France en mars 2015 à Strasbourg. Interview avec l’un des organisateurs Sébastien Letélié.

Bonjour Sébastien. Vous organisez du 19 au 22 mars prochain la 2ème édition du Hacking Health Camp. Quels sont les objectifs de cet évènement ?

seb2L’innovation en santé passera par le numérique, c’est un fait, par contre les innovations n’auront de potentiel que si elles sont pensées et conçues en collaboration avec une grande diversités de compétences : professionnels de santé, patients, développeurs, hackers, makers, designers, entrepreneurs, industriels, institutions publics et privés de santé. Avec Hacking Health et Alsace Digitale nous cherchons donc à créer des espaces pour favoriser les rencontres de ces acteurs dans un contexte permettant à chacun de trouver sa place.

Le hackathon est un format idéal pour passer à l’action et concrétiser la collaboration et les idées. L’esprit du “hacker” (au sens bidouilleur du terme et non du pirate) existe aussi chez les professionnels de santé, avec cet évènement nous essayons de montrer les avantage de cette approche aux participants.

Par ailleurs le rôle des partenaires et notamment des sponsors (Allianz, iHealth, Sanofi, Samsung, …) sera important pour accompagner les projets et les aider à aller de l’idée à la commercialisation en les aidants à accéder au marché.

Quelles seront les points forts du programme et les grandes nouveautés de l’édition 2015 ?

Nous avons voulu cette année donner plus d’ampleur à l’évènement. Faire un hackathon à plus de 250 n’est pas pertinent car cela engendrerait trop de projet à faire passer le dimanche. Par contre un temps de “préparation” et d’échanges avant le hackathon nous a paru être un bon moyen de favoriser l’émergence des idées.

Le concept de cette année consiste en 3 phases :

  • s’inspirer : avec une journée de conférences visionnaires sur le futur de la santé par des personnalités internationalement reconnues (Future of Health) suivie d’une soirée dédiée aux startups du domaine de la santé en présence d’investisseurs. Une sélection de startups présenteront leurs idées sous forme de pitch. Le public pourra voter avec des billets de banque virtuels. Le gagnant étant celui qui aura levé le plus d’argent (Health Pitch Challenge).
  • apprendre : avec une journée de conférences et d’ateliers sur la production, la consommation et l’analyse de données de santé sur le plan technique, médical et légal (Health Data Day).
  • passer à l’action : avec le hackathon du vendredi soir au dimanche soir et où professionnels de santé, patients, hackers et designers se retrouveront en équipe pour co-créer des prototypes à partir de défis soumis avant l’évènement (Health Hackathon).

De plus l’évènement sera international et accueillera des speakers et des participants venus du monde entier et plus particulièrement d’Europe. Il est pour nous indispensable de confronter ses idées et de collaborer au delà de nos frontières, seul moyen de créer des projets ambitieux qui adresseront des marchés les plus larges possibles.

Nous avons cette année un partenariat avec plusieurs acteurs européen qui nous aide à orienter les défis vers les besoins insatisfaits en santé en Europe. L’idée est d’avoir des projets ciblant des marchés identifiés pour leur donner un maximum de potentiel de réussite.

HackingHealthCamp

La première édition a été un franc succès. Qu’avez-vous retiré de cette expérience ?

En lançant l’idée du hackathon il y a plus d’un an, je pensais faire un évènement modeste ou l’on aurait pu être 100 au maximun. Au final 200 personnes sont venus de toute la france. Nous avons rencontré un fort enthousiasme avec des gens qui  voulaient contribuer à l’amélioration de la santé et entreprendre. Après l’évènement l’enthousiasme était d’autant plus fort et nous ne pouvions pas imaginer en rester là. Il est un fait que ce secteur va vivre des changements fondamentaux dans les prochaines années et il faut amener ces changements de la manière la plus efficace possible en commençant par collaborer.

L’évènement a permis à tous les participants de faire des rencontres intéressantes et qui ont abouti à des collaborations et dans certains cas à des contrats. Finalement au delà des projets et des idées c’est avant tout la communauté qui se crée autour de l’évènement qui est le plus intéressant pour les participants ainsi que la capacité à évaluer le product/market fit des idées échangées.

HH-support

Le thème de cette édition est consacré au Big Data et son impact sur le secteur de la santé. En tant qu’observateur de l’e-santé, quel est ton opinion sur le sujet ?

Le BigData est un mot très utilisé en ce moment mais finalement qu’est ce que le BigData au delà de l’accumulation d’un très grand nombre de données ? Que fait on de ces données et à quoi servent elles, c’est toute les questions auxquelles il faut encore répondre.

Il est vrai que les grandes entreprises américaines ont pris une avance considérable dans ce domaine en terme de stockage et de traitement mais finalement pour l’instant qu’est ce qu’il en est en terme d’innovation en santé ?

Watson aura beau être capable de répondre à vos questions à la place du médecin encore faudra t-il lui poser la bonne question.

Mon sentiment est que ces données ne seront utiles que si elles sont exploitées dans le cadre de projet bien construit et pensés pour réduire le coûts et améliorer la santé et que cela ne sera pertinent que si ces projet sont issues d’une collaboration.

N’oublions pas que l’enjeu fondamental reste le business model : qui paye ? Le BigData va amener la mise en oeuvre de nouveaux business model qui vont créer une rupture dans ce secteur. Nous pouvons tous y contribuer et en commençant par venir à l’évènement bien sûr.

Informations et inscriptions sur le Hacking Health Camp

Buzz e-santé est partenaire de Hacking Health Camp.

Clement Beauvallet nous présente l’application SANT.EE

Régulièrement, je vous propose de partir à la rencontre d’un acteur du digital santé en France.

Aujourd’hui, partons à la rencontre de Clement Beauvallet, CEO de la jeune start up SANT.EE.

Bonjour Clément. Peux-tu te présenter brièvement ?

Face-clement2015Bonjour Rémy, et avant tout merci pour cette interview ! En tant que lecteur fidèle de ton blog depuis ses débuts, ça me fait forcément très plaisir J.

Pour me présenter brièvement, je suis un startupper de 32 ans, avec un parcours qui a commencé en Ecole de Commerce, avant de se poursuivre dans l’automobile (et oui !) avec forcément pas mal de « Web ». J’ai ensuite monté une agence web dans l’automobile, avant de suivre la voie familiale et de rejoindre la pharmacie, en travaillant comme Digital Manager pour 2 grands laboratoires.

Mais le virus de l’entreprenariat m’a repris, et j’ai aussi (surtout) ne pas voulu rester spectateur de la révolution qui arrive dans la santé… J’ai donc cherché des idées à mettre en œuvre dans ce secteur, qui avait du sens, et surtout un vrai bénéfice pour le « client » avant qu’il ne devienne patient.

Et c’est de ces réflexions qu’est née Sant.ee, une jolie aventure au service de la santé, dans laquelle j’ai été rejoint par François Abbas et Florence Laurier, apportant des compétences commerciales et médicales qui manquait pour créer une vraie solution utile pour les utilisateurs.

Après plusieurs mois de durs labeurs, vous venez de sortir lapplication Sant.ee. Peux-tu nous en dire quelques mots ?

Pour faire « synthétique », notre pitch c’est de mettre la prévention de santé directement dans la poche des gens. Et de les aider à moins tomber malade, très concrètement.

Mais, contrairement à beaucoup de start up en ce moment, nous avons souhaité nous attaquer aux maladies saisonnières ou récurrentes : la grippe, la gastro, les poux, la varicelle, l’asthme, etc….

La Grippe, la Gastro et l’Angine coute à elles seules en moyenne 500 à 1 000 Millions d’Euros aux Français chaque année (en coût direct et hors épidémie majeure exceptionnelle) et une dizaine de millions de Français touché, avec à la clé : désorganisation à la maison, au travail, sans parler de notre état physique.

Et personne n’y faisait rien !

Pourtant, des études prouvent que des actions de prévention simple, au bon moment, permettent de réduire les risques de tomber malade (quasiment) par deux.

Nous nous sommes donc données la mission de répondre à ce problème, en utilisant (simplement) les technologies déjà existantes, l’expérience utilisateur présente dans d’autres domaines, pour les appliquer à ce problème.

C’est comme ça que l’application Sant.ee est née, pour savoir, en temps réel, s’il y a des risques de maladies autour de moi (ou de mes proches) et me donner des conseils personnalisés pour éviter de tomber malade.

Sant.ee

Quelles sont les principales fonctionnalités de cette application ?

Nous avons conçu l’application de manière très simple.

Avant toute chose, il faut se créer un profil. Rien de très complexe jusque-là, vous pouvez même utiliser Facebook. Mais avec un point important : tout est anonyme et nous ne publions rien de votre part.

App-Sant.ee_Ecran-HomepagePour votre profil, et afin de contribuer à la vigilance de la communauté, un bouton (la croix blanche sur la page d’accueil) vous amène directement vers le « Sant’in » : c’est votre « check’in santé ». Un clic suffit pour remonter son état de santé grâce à 4 icônes visuelles et très simples.

Et ces icônes sont présentes partout pour vous indiquer l’état de santé (sur la home page, pour vos lieux, …).

Il faut aussi configurer vos « lieux de vie » : maison, bureau, sport… Ils nous permettent d’avoir une cartographie pertinente des risques autour de vous, et des lieux où vous passez du temps. Nous ne voulions pas utilisez les données du GPS en direct, trop intrusif.

Une fois qu’ils sont configurés, nous les surveillons en temps réel, et vous prévenons via des « push » dès qu’une maladie dépasse un seuil d’alerte.

Nous avons aussi pensé aux parents, qui peuvent créer des profils pour leurs enfants (les Protégés), qui permettent de garder un œil sur les lieux où ils passent du temps, sans effort.

Il y a bien sur les Conseils, qui s’adaptent en temps réel en fonction des risques autour de vous, tous rédigés par notre comité scientifique, sous la direction de Florence, co-fondatrice et titulaire de son officine.

Enfin, vous disposez d’une carte, alimentée en temps réel, permettant d’explorer des lieux que vous n’avez pas rentré dans votre liste (lors d’un déplacement par exemple).

Nous avons aussi ajouté une partie que nous appelons le « Cercle », notre seule entorse à l’anonymat : vous pouvez partager avec vos amis votre statut. Uniquement l’icône du Sant’in, pas plus de détail, mais suffisamment pour savoir quand il est temps de prendre des nouvelles d’un proche !

Après cette première étape, quelles seront les évolutions de cette application dans les mois à venir ?

Pour l’instant, nous allons nous concentrer sur la communauté et l’application existante.

Et surtout travailler avec notre communauté sur ce qu’elle voudrait avoir en plus (ou en moins) dans l’application. Nous voulons vraiment construire avec vous, Sant.ee n’en sera que meilleure !

En parallèle, nous sommes en train de travailler sur un nouveau service, qui viendra compléter l’application pour améliorer encore plus la prévention des utilisateurs, mais ça, on t’en reparlera plus tard si tout va bien J !

Sant.ee-3

Observateur de le-santé depuis de nombreuses années, quel regard portes-tu sur l’évolution de la santé mobile et l’émergence de nombreuses start up ces derniers mois ?

Avant tout, je trouve ça génial. La France est notamment en pointe sur le sujet, et c’est un vrai plaisir. La Santé était encore l’un des secteurs, à mon avis, où la technologie n’avait jamais amené de « révolution ». Et aujourd’hui, le secteur fourmille d’idées et de projets incroyables et apportant un vrai service au gens : Umanlife, iHealth ou Withings pour n’en citer que certains.

La santé mobile n’en est encore qu’à ses balbutiements. Il reste tout à faire et à découvrir, mais les signaux faibles sont pour moi clairs : la santé de demain n’aura absolument rien à voir avec aujourd’hui.

Grâce au mobile, qui sera autant un outil lui-même qu’un centralisateur d’informations pour d’autres outils, nous développerons une capacité de prédiction très forte qui nous permettra d’éviter bien des tracas actuels.

Sans parler de Sant.ee, où nous espérons pouvoir rapidement travailler en amont des épidémies, les « wearables tech » permettront rapidement d’avoir un système de détection « Always ON » pour beaucoup de sujets, et certains biens plus graves qu’une grippe.

Ces « wearables tech », croisées avec la « big data » permettront notamment de « mapper » tous ces signaux faibles qui devraient nous alerter, mais passe encore inaperçu pour le moment.

Pour finir, comment vois-tu évoluer l’e-santé dans les années à venir en France ?

En France, comme ailleurs, je pense que l’e-santé va aller vite. Très vite. Je pense déjà que d’ici peu, nous ne parlerons plus d’e-santé, tant la santé ne sera plus concevable sans les nouvelles technologies. Je suis personnellement partisan du terme « Santé Intelligente » pour ce qui nous attend demain, et après-demain.

La première évolution sera probablement « philosophique » : nous allons enfin faire du « Healthcare » et plus du « Sickcare », pour emprunter une expression à nos amis Américains. Nous occuper de la santé, et la protéger par tous les moyens. Pas seulement de la maladie.

Ce qui risque de créer quelques tensions, soyons honnêtes. La France est l’un des Leaders de l’industrie pharmaceutique. Si cette industrie n’embrasse pas la révolution qui arrive, et si les pouvoirs publics ne supportent pas les start-ups qui, comme Sant.ee, portent cette révolution, nous risquons de perdre cette position.

L’union fera notre force à ce niveau, notre capacité d’innovation et notre expertise en Santé nous donnant déjà un coup d’avance sur beaucoup. Sachons faire fructifier ces avantages !

Plus concrètement, le futur pour moi est assez clair : pour paraphraser le Dr Laurent Alexandre : nous allons bientôt tuer la Mort. Mais avant cela, nous aurons vaincu beaucoup d’autres adversaires.

Les maladies bégnines, grâce à une prévention fine et constante, non-invasive mais sure. Les maladies graves, grâce à des technologies qui pointent leur nez : détecteur non invasif pour le diagnostic de (presque) tout, généralisation du diagnostic assisté par ordinateur, impression des organes en 3D, nano-robots, « méca-organes » (organes ou membres remplacé par des parties mécaniques)…

Les maladies chroniques enfin, grâce d’une part à la prévention (autant dans la détection que dans l’accompagnement des personnes à risques), et d’autre part via des traitements « personnalisés », programmés sur notre spécificité (ADN, microbiome, environnement…) avec un taux d’efficacité bien supérieur à ce que nous connaissons aujourd’hui.

Cela peut faire peur parfois, j’en ai l’exemple à chaque fois que je discute de ce sujet. Les données, l’Ethique sont au centre de tout. Mais il ne faut pas laisser ces deux sujets, aussi vitaux soient-ils, bloquer notre évolution. Autant pour l’économie de notre pays, que pour l’impact sur la vie de tout à chacun.

Il faut dépassionner le débat, et travailler dans une volonté de moralisation de l’évolution. Et cela sera simple : je ne connais pas une start up qui se lance pour « pirater les données et les revendre ».

 

Pour conclure, et même si ce début a démarré de manière difficile (#noussommestouscharlie), permets de te souhaiter à toi, et à tous tes lectrices et lecteurs une Bonne Année 2015 et surtout (surtout) une Bonne Sant.ee !

Pour aller plus loin : www.sant.ee , @SanteeFR

apple store

A la rencontre de Pierre Desmarais

Régulièrement, je vous propose de partir à la rencontre d’un acteur du digital santé en France.

Aujourd’hui, partons à la rencontre de Pierre Desmarais, avocat spécialisé dans le domaine de la santé et du numérique.

Photo PBD portrait 04 06 14 - copieBonjour Pierre. Peux-tu te présenter brièvement ?

Avocat au Barreau de Paris et Correspondant Informatique et Libertés (CIL), j’exerce une activité de conseil en droit de la santé et des nouvelles technologies. J’accompagne au quotidien start-ups, PME et grands groupes développant des produits et services innovants dans le domaine de la santé et des data. Je suis également membre du conseil d’administration du Healthcare Data Institute et chargé d’enseignement à l’Ecole de Formation des Barreaux (EFB) et à l’Université Paris VIII. Auparavant, j’ai travaillé à la direction juridique du Centre Hospitalier Universitaire de Rennes, ce qui m’a permis d’apprendre à connaître de l’intérieur le monde de la santé.

Tu accompagnes différents acteurs du monde de la e-santé sur des problématiques juridiques. Quels sont les freins rencontrés aujourdhui ?

En principe, ils se heurtent à trois obstacles principaux.

Le premier tient évidemment à la législation relative à la protection des données, qu’il s’agisse de gérer les obligations CNIL ou de déterminer si le recours à un hébergeur de données de santé est nécessaire.

Mais en réalité, les textes sur « linformatique de santé » (dispositifs médicaux, LAP et LAD, PSSIE, etc.) représentent une contrainte souvent plus importante puisqu’il s’agit alors non pas simplement de se mettre en conformité, mais plutôt de démontrer « linnocuité du système dinformation » pour le malade. Souvent, les acteurs de l’e-santé cherchent à éviter de se confronter à ce pan de la législation, mais cela peu en pratique conditionner leur accès au marché, voire leur business model. Par exemple, aujourd’hui, il est impossible de prescrire une application de m-santé si elle ne constitue pas un dispositif médical.

Mais le modèle économique peut susciter d’autres préoccupations majeures. Gérer les relations avec les financeurs et partenaires peut ainsi s’avérer délicat. Il faut savoir convaincre de la pérennité du projet malgré les obstacles.

Comment vois-tu évoluer la législation française et européenne dans le domaine de la santé connectée et de le-santé en général ?

Initialement, la santé a été exclue du champ d’intervention de l’Union Européenne. Seuls les Etats membres pouvaient légiférer en la matière. Ce cloisonnement a été mis à mal une première fois par le biais de la législation sur le travail, puis une seconde fois avec les textes relatifs à l’environnement et à la sécurité alimentaire. L’e-santé constitue une nouvelle offensive – sans aucune connotation péjorative – de l’UE sur le terrain de la santé. C’est grâce à elle que la télémédecine a été légalisée en France. Et on peut s’attendre à ce qu’elle réglemente rapidement l’e-santé et la m-santé, comme en témoigne l’appel à contribution sur le livre vert relatif à la m-santé. A mon sens, on va donc voir l’UE intervenir de plus en plus fréquemment en la matière. C’est assez normal finalement, puisqu’à l’instar de tout service de la société de l’information, son déploiement ne saurait être régulé à un échelon exclusivement national.

Au niveau français, j’espère une actualisation du cadre juridique afin que l’e-santé puisse s’y intégrer naturellement. Aujourd’hui, on a plutôt l’impression d’une succession de patchs destinés à colmater des brèches ou à s’adapter à des évolutions non maitrisées.

Mais ne négligeons pas l’importance de la France sur la scène de la santé connectée. Outre l’innovation technique, de l’opération Lindbergh à Withings, on peut relever des innovations majeures au plan juridique, comme la création des hébergeurs de données de santé. Le cadre posé est peut-être trop contraignant, mais la multiplication des fuites de données met en évidence le bienfondé du concept. Ce serait pas mal d’éviter un « eHealth Leaks », non ?

LogoColorTextBelowOn parle beaucoup de gestion des données de santé et de Big Data. Quel est ton avis sur le sujet ?

Le Big Data et son corollaire, l’Open Data, représentent un peu la révolution industrielle de la santé. Les promesses sont remarquables, mais les difficultés juridiques sont proportionnelles.

Sur ce dernier point, soyons honnêtes, le cadre juridique n’est pas vraiment adapté à cette nouvelle pratique. Là encore, rien d’étonnant. Le concept est nouveau – à tel point qu’on peine encore à le définir avec précision – le législateur ne pouvait donc pas anticiper lors de la dernière révision majeure de la loi informatique et Libertés. Cela devrait rapidement évoluer, toujours sous l’influence de l’UE qui prépare un nouveau texte en la matière, plus adapté aux besoins des entrepreneurs. Dans cette attente, le Big Data reste possible, dès lors que le responsable est prudent dans la mise en œuvre du traitement. Avec le Healthcare Data Institute, j‘espère que nous verrons apparaître sinon des solutions, à tout le moins des pistes de réflexion, pour pouvoir exploiter toutes ces bases de données de santé sereinement.

Observateur de le-santé en France depuis plusieurs années, comment vois-tu évoluer l’e-santé dans les années à venir en France ?

La vision de l’avenir reste délicate.

Tout dépendra en fait d’une part du temps que mettront les professionnels et patients à s’approprier ces nouveaux services, d’autre part de la souplesse qui sera introduite dans les textes par les législateurs français et européen. Mais je suis assez optimiste sur ce second point, et je pense qu’avec cela nous devrions voir se stabiliser les outils existants, en même temps que de nouveaux apparaîtront.

Pour moi, ce à quoi nous avons déjà assisté n’est en effet qu’un début !

 

Pour aller plus loin : www.desmarais-avocats.fr / @DesmaraisPierre

 

A la découverte de Doklog

Régulièrement, je vous propose de partir à la rencontre d’un acteur du digital santé en France.

Ce mois-ci, partons à la rencontre d’Olivier Vela-Gomez, président de la jeune start up Doklog.fr.

ovelagomezBonjour Olivier. Peux-tu te présenter brièvement ?

Bonjour Rémy. Je viens du monde de l’industrie pharmaceutique ou j’ai occupé pendant une quinzaine d’année des fonctions commerciales et marketing.

En 2012, voyant l’évolution et l’orientation de plus en plus digitale du secteur, j’ai décidé de me reconvertir afin de passer un diplôme en communication digitale et de créer dans la foulée Doklog.fr, plateforme de partage d’actualités santé entre tous les Acteurs de santé.

Comment est venue l’idée de Doklog ?

Lorsque j’étais au sein de l’industrie pharmaceutique, j’ai constaté qu’un grand nombre de laboratoires essayaient d’adopter une stratégie digitale pour apporter de nouveaux services aux Professionnels de santé.

La grande majorité de ces services n’ont cependant jamais réellement fonctionné, soit parce qu’ils n’étaient pas adaptés aux exigences des Professionnels de santé, soit parce qu’ils étaient trop chronophage.

Autre constatation, si les Patients (notamment ceux ayant une pathologie chronique) s’expriment déjà beaucoup sur internet par le biais de blogs ou de forums, ils sont toujours à la recherche d’informations santé fiables. Le souci est qu’il n’existe à ce jour que très peu de lien entre les Professionnels de santé et leurs Patients en dehors de la consultation alors que le Web peut largement contribuer à améliorer cette situation.

L’idée de Doklog est donc de mettre du lien entre tous les Acteurs de santé (Professionnels, Patients, Industriels, Etablissements de santé, Associations…) au sein d’une même plateforme indépendante et de proposer une information santé fiable. Tout cela sans contraintes techniques et perte de temps pour les utilisateurs.

logo_doklog_frQuelles fonctionnalités ou services sont proposés ?

Aujourd’hui il est possible pour tout Acteur de santé de créer son Journal santé et ainsi de pouvoir poster très simplement et rapidement un article lié à son actualité et son environnement.

La deuxième fonctionnalité est l’Abonnement (gratuit) aux Journaux des Acteurs de santé de son choix afin de suivre en temps réel toutes leurs actualités (Timeline).

Enfin la troisième fonctionnalité est de pouvoir Partager très facilement et rapidement un article d’une autre source qui semble pertinent pour les personnes qui suivent votre Journal.

Quelles sont les prochaines étapes dans le développement de Doklog ?

La prochaine étape pour Doklog est de mettre en place des partenariats avec des établissements de santé afin de convaincre les Professionnels de santé de ces établissements de s’inscrire également (l’inscription étant totalement gratuite pour les Hôpitaux publics et les Professionnels de santé). Les Patients de ces Établissements et Professionnels de santé pourront donc suivre très facilement leurs actualités en s’inscrivant gratuitement sur Doklog.fr.

Ensuite ce sera de fournir de nouveaux services, comme une fonction Agenda par exemple.cercle_utilisateurs_doklog

Observateur de l’e-santé en France, comment vois-tu évoluer l’e-santé dans les années à venir en France ?

Pour avoir participé au début de la transformation digitale du monde de la santé au sein de l’industrie pharmaceutique, je sais que l’évolution de l’e-santé sera lente mais inéluctable.

Aujourd’hui, de nouveaux acteurs (Apple, Google, iHealth, Withing, applications mobiles…) font leur entrée dans cet univers avec beaucoup moins de barrières que les acteurs traditionnels, ce qui permet d’accélérer le mouvement.

S’il est vrai que les contraintes réglementaires dans le domaine de la santé sont très fortes, il est pourtant tout à fait possible pour les Acteurs de santé de s’exprimer sur le Web dès aujourd’hui (voir le Livre Blanc du CNOM sur la Déontologie médicale sur le Web).

Encore faut il qu’ils puissent le faire simplement et rapidement pour que le service leur apporte une plus value et n’impacte pas sur leur quotidien déjà bien rempli !

 

Pour aller plus loin : https://doklog.fr/, @doklog_fr

Dominique Noël nous présente le Festival de la Communication Santé 2014

Régulièrement, je vous propose de partir à la rencontre d’un acteur du monde de la santé en France.

photo DNLes 28 et 29 novembre prochains se dérouleront la 25ème édition Festival de la Communication Santé, qui a lieu chaque année à Deauville et qui récompense les meilleures campagnes de communication dans le domaine de la santé. Interview avec l’organisatrice, Dominique Noël.

Bonjour Dominique. Peux-tu te présenter en quelques mots ?

J’ai d’abord été Directrice de la Communication d’un groupe industriel. Puis j’ai créé et présidé pendant 25 ans une société de négoce international disposant d’un bureau en Asie.

En 2011 j’ai repris le Festival de la Communication Médicale qui se déroulait historiquement à Deauville et il est devenu le Festival de la Communication Santé dont j’ai le plaisir de m’occuper actuellement.

Cette année, nous célébrons la 25ème édition Festival de la Communication Santé, peux-tu nous rappeler les objectifs de cet évènement ?

Oui c’est l’année de ses 25 ans !

C’est un moment de partage d’expérience, de rencontre entre les acteurs du monde de la santé. Un lieu d’échange qui met en relation les professionnels de santé, les patients, les aidants et les entreprises de santé laboratoires pharma ou nutrition, assurances, institutions etc. On y découvre, souvent en avant-première, les communications les plus innovantes du secteur.

On y montre la formidable énergie des associations de patients, les campagnes de l’industrie pharmaceutique qui relève le défi de la transparence mais aussi de la recherche et du développement et également comment les soignants s’organisent et s’informent grâce aux nouvelles technologies mais aussi par des lectures scientifiques.

La révolution digitale a bouleversé les modèles et les hiérarchies, nous observons et nous nous faisons l’écho de ces évolutions au travers du Festival.

Festivalcomsante

Quels ont été les succès des précédentes éditions ?

Lorsque j’ai repris le Festival, il mettait en lumière les actions et campagnes de communication des laboratoires destinées à l’information des médecins.

Dès la première année je l’ai ouvert aux associations de patients et d’aidants. Aujourd’hui tous les publics qui s’intéressent et œuvrent pour la santé ont leur place au Festival. D’autre part, il y avait une conférence inaugurale avant le concours de présentation des projets aux jurys, maintenant il y a une journée très dense de conférences.

Une autre chose à laquelle le comité est très attaché, c’est l’indépendance absolue des jurys. Les jurés, personnalités éminentes, ne sont pas rémunérés et rendent leur verdict signé dès la sortie de la salle où ils ont vu la présentation des projets par l’annonceur ou, plus rarement, par son agence. Les jurys sont souverains, les membres du comité ne votent pas dans les jurys afin que l’indépendance absolue soit respectée.

Un autre point est important, ce Festival est indépendant, il n’est rattaché à aucun groupe, agence ou média.

Aujourd’hui nous bénéficions du soutien de partenaires chaque année plus nombreux qui sont heureux de participer à cette aventure ambitieuse.

Après un parcours professionnel terriblement prenant, j’essaie maintenant de contribuer à privilégier le partage et la convivialité pour faire avancer la réflexion sur ce bien si précieux qu’est la santé.

Quelles nouveautés pourront découvrir les participants cette année ?

La tendance est claire, plus que jamais, le patient est au cœur de la plupart des projets. Le grand-public aussi par de l’information préventive, plus que dans les éditions précédentes.

2 nouveautés :

  • Start-ups santé mises à l’honneur avec une opération de levée de fonds pendant le Festival, c’est une action inédite pendant un évènement.
  • Prix de la communauté du Club Digital Santé : pour la première fois les internautes pourront voter en ligne

4 thèmes de conférences :

  • L’usage des applications mobiles santé
  • Patients et observance sommes nous tous égaux. Avec en exclusivité un sondage réalisé par OpinionWay dont les résultats vont vous étonner…
  • L’open data : chance ou risque pour les systèmes de santé ?
  • Le droit de savoir : mythe ou réalité ?

Informations et inscription sur le site www.festivalcommunicationsante.fr

Suivez l’actualité du festival sur twitter avec le hashtag #FCS14 et le compte @FestivalComSanté

Retrouvez les meilleurs moments des éditions précédentes sur la chaîne YouTube du Festival.

Buzz e-Santé est partenaire média du Festival de la Communication Santé 2014