Umanlife / iHealth : une même vision de la e-santé

Aujourd’hui, la e-santé est en pleine évolution avec notamment l’émergence des objets connectés. Deux acteurs importants, Alexandre Plé fondateur de Umanlife et Uwe Diegel fondateur de iHealth, ont accepté de donner leur vision concernant le développement et la sécurité de ce secteur. Extraits.

Avant tout, pouvez-vous présenter Umanlife et iHealth ?

Alexandre Plé : Umanlife est le 1er site en France à proposer un service clé en main pour suivre sa santé, son bien-être et celle de toute la famille. C’est un véritable tableau de bord de santé ! L’utilisateur accède très simplement de manière ludique à un ensemble de services inédits : pour gérer vos rendez-vous médicaux, suivre vos vaccinations, garder en mémoire tout ce qui concerne vos maladies (ordonnances, examens de santé etc.), veiller sur vos activités physiques et sportives, votre nutrition, votre sommeil et la consommation de vos addictions.

Uwe Diegel : Depuis son lancement en 2009, iHealth a développé une gamme complète de produits : tensiomètre, glucomètre, balances d’analyse corporelle, oxymètre de pouls, trackers d’activité et de sommeil qui forment aujourd’hui un écosystème complet. Ce sont mes 20 ans d’expertise dans la fabrication de matériel médical qui m’a permis de créer ces objets connectés.

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Quels sont vos parcours professionnels respectifs ?

UD : Mon parcours de vie est assez atypique, j’ai toujours fonctionné au flair, au « Gut feeling ». J’ai grandi dans une famille pour qui la culture tenait une place prépondérante dans l’éducation. J’ai commencé ma vie en tant que pianiste professionnel, jusqu’au jour où il m’est arrivé un accident qui a bouleversé ma vie. Entrepreneur dans l’âme, j’ai donc décidé de me lancer et de démarrer mon aventure de Chef d’entreprise.

En achetant mon premier iPhone, j’ai eu une révélation. J’ai réalisé que cet appareil allait changer qui j’étais et comment je fonctionnais. Ce téléphone personnel allait changer les usages et placer l’individu au centre de ses propres décisions.

Ce n’était qu’une question de temps avant que nous vivions l’avènement de la e-santé, une révolution à laquelle je souhaitais participer.

AP : Diplômé d’une école de commerce, j’ai travaillé dans un groupe de santé et j’y ai développé des solutions de gestion de flux d’informations pour optimiser la prise en charge des patients, leur offrir un ensemble de services multimédias à forte valeur ajoutée et assurer un meilleur suivi des activités. Mon expérience en milieu hospitalier ma convaincu de l’importance de disposer, en toutes circonstances et en tout lieu, d’informations personnelles actualisées pour être l’acteur de sa santé et de son bien-être. Pour que cela puisse se faire de manière simple et ludique, j’ai créé Umanlife.com.

Quel est, selon vous, l’intérêt pour les utilisateurs de ce que vous proposez ?

UD : Chez IHealth Labs nous croyons que la santé est un enjeu autant collectif qu’individuel. Nous croyons que connecter, patients et médecins ont le pouvoir de transformer une santé aujourd’hui curative en une santé qui sera demain préventive. C’est pourquoi nous concevons et développons des technologies innovantes permettant de rapprocher le patient de sa santé et de son médecin. Grâce à leur design, leur ergonomie et leur facilité d’utilisation, nos solutions offrent aux utilisateurs une expérience unique qui réconcilie santé et sérénité.

AP : En effet, les objets connectés sont de véritables facteurs de bien-être et de motivation, ils représentent un réel potentiel pour les utilisateurs. Avec Umanlife, les utilisateurs se responsabilisent, ils prennent en main leur santé. C’est une révolution des mentalités grâce à un réel choix concernant l’utilisation qu’ils veulent donner à leurs objets connectés. Ce vaste choix leur permet de se familiariser avec les objets connectés, il est d’ailleurs important de distinguer la santé du bien-être.

En quoi consiste le partenariat entre Umanlife et iHealth ?

UD : Depuis son lancement en 2009, iHealth a développé une gamme complète de produits qui permettent de relever des données médicales telles que la tension, le glucose, la qualité du sommeil, la balance d’analyse corporelle, l’oxymètre de pouls … Ce vaste marché donne aux utilisateurs un large choix quant à l’utilisation qu’ils veulent donner à leurs objets connectés.

AP : Mais ces données n’ont d’intérêt que si elles peuvent être traitées. C’est tout l’objet du partenariat entre Umanlife et iHealth. Le carnet de santé est une plateforme fédératrice qui canalise le flux des informations, les rendent compréhensibles, lisibles et donc utilisables pour les utilisateurs.

Une fois les informations collectées celles-ci sont exportées vers le carnet de santé Umanlife qui va les traiter et intégrer ainsi toute la force des objets connectés en leur donnant de la cohérence. Les patients peuvent suivre l’analyse de leurs données santé de manière ludique et les partager avec leur médecin ou leurs proches.

Selon vous, qu’est-ce que la e-santé peut apporter à la recherche ?

AP : Aujourd’hui, dans le domaine de la e-santé, les personnes peuvent porter leur santé avec eux et apporter à leurs médecins plus d’informations pour les aider à se gérer. Les médecins doivent être prêts à travailler avec ces nouvelles données et ces nouveaux objets, il faut développer la santé préventive. C’est un enjeu de santé publique !

UD : Grâce à la collaboration de nos utilisateurs et aux différents partenariats établis avec des instituts médicaux en Europe et aux Etats-Unis, nous contribuons chaque jour à la recherche sur l’hypertension et le diabète.

Quel est l’avenir de la e-santé en France ?

AP : Ce marché constitue un véritable potentiel industriel pour la France et les chiffres ne trompent pas; le marché français des objets connectés pèse déjà 150 millions d’euros en 2013 et selon une étude de Xerfi, il devrait représenter 500 millions d’euros en 2016, soit trois fois plus.

UD : La France a encore un peu de retard dans l’adoption de ce nouveau mode de vie qui est en revanche très largement adopté dans les pays anglo-saxon dans lesquels cette nouvelle façon d’appréhender sa santé est perçue comme un adjoint essentiel à une meilleure gestion de la santé du patient. Aux Etats-Unis maintenant on vend plus d’objets connectés que d’objets non connectés, c’est rentré dans les mœurs des consommateurs. Les attentes des utilisateurs finaux qui comptent et les demandes des particuliers ont dépassé ce que demandent les médecins. C’est ce qui va se passer en Europe également selon moi.

Comment expliquez-vous le retard de la France dans ce domaine par rapport aux pays anglo-saxons et aux Etats-Unis ?

AP : L’une des réticences des Français est la confidentialité des données renseignées sur les plateformes e-santé, alors que la sécurisation des données est au cœur des préoccupations de Umanlife avec notamment l’utilisation d’un hébergeur de données de santé agréé par le ministère de la santé, afin d’assurer une fiabilité de leurs services aux utilisateurs. Mais nous estimons que la France rattrapera les autres pays anglo-saxons d’ici un an.

Sources : Umanlife / iHealth

A la rencontre d’Adam Selamnia

Régulièrement, je vous propose de partir à la rencontre d’un acteur du digital santé en France. Aujourd’hui, partons à la rencontre d’Adam SELAMNIA, co-fondateur de e-Health Services.

Photo AMSBonjour Adam. Peux-tu te présenter brièvement ?

Bien sûr Rémy ! Tout d’abord merci pour cette proposition. Scientifique de formation, je suis entrepreneur depuis près de 15 ans. Après près de 8 ans passé dans le développement international pharmaceutique et depuis 2008, je me suis consacré progressivement à l’e-santé pour arriver à la création avec Hervé SERVY de notre start-up e-Health services qui développe notamment le service Sanoia.com. En fait, ma première expérience en e-santé remonte en 1997, soit près de 10 ans auparavant, avec la création d’un portail santé en Algérie avec amis algériens dont la plupart sont aujourd’hui en poste à l’OMS à Genève ou en Afrique.

Peux-tu nous dire quelques mots sur Sanoia ?

Il s’agit d’un service gratuit et sécurisé qui permet de suivre sa santé, stocker ses données essentielles, et contribuer à la recherche médicale. Concrètement, quand on est atteint d’une maladie chronique -comme 15 millions de français- on peut par exemple, s’évaluer selon des scores validés, puis, partager ces données avec son médecin pour optimiser son temps de consultation et éclairer ses décisions. Enfin, car on ne choisit pas quand on tombe malade, on peut accéder à ses données en 5 Langues en 2 clics.

Nous développons des modules spécifiques à certaines pathologies en collaboration avec des sociétés savantes comme la Société Française de Rhumatologie (SFR) ou le Groupe d’Étude Thérapeutique des Affections Inflammatoires du Tube Digestif ou avec des Associations de Patients comme l’AFLAR (Affections Rhumatismales), l’ANDAR (Polyarthrite Rhumatoïde) ou encore l’AFA (Maladies Chroniques inflammatoires intestinales).

Ces développements nous ont permis de réaliser plusieurs publications dans des congrès nationaux ou internationaux.

Observateur de l’e-santé depuis de nombreuses années, quel regard portes-tu sur l’émergence de nombreuses start up ces derniers mois ?

A l’échelle internationale, l’e-santé bénéficie actuellement d’une dynamique sans pareil avec comme souvent les USA en pointe. En Europe, nous ne sommes pas particulièrement en retard par rapport aux américains et ce serait même le contraire sur les questions de vie privée. A ce titre, l’actualité parle pour nous puisque Apple a fait savoir avant même sa commercialisation que les données de santé qui seront issues de son programme HealthKit ne pourraient être stockées par ses partenaires développeurs. En revanche Apple ne s’est pas privé d’initier des partenariats avec de grands assureurs aux USA…. Il est évident qu’Apple cherche à protéger ses données et peut-être à éviter qu’elles ne tombent dans les mains par exemple d’un Google qui aurait de quoi les rapprocher des données dont il dispose déjà pour une grande partie d’entre nous …

De nombreuses start-up sont plutôt positionnées dans le bien-être et hésitent à franchir le Rubicon qui les séparent de la santé, tant ce domaine est fortement encadré sur le plan réglementaire et nécessite des connaissances pointues.

Dans les faits, il y a pour moi deux mondes complémentaires. Le premier est celui de ceux oeuvrant dans le domaine médical avec des produits et services impliquant d’une manière ou d’une autre les professionnels de santé. Le second, celui du bien-être voir du fitness s’adressant au grand public, souvent porté par des effets de modes et fortement compétitif, plus risqué mais plus ouvert. On a donc vu ces derniers mois beaucoup de start-ups s’engouffrer dans ce second marché avec l’arrivée à maturité de technologies notamment mobiles. Il est fort probable qu’une large part d’entre elles ne soit plus là d’ici à la fin de cette décennie pour ne pas dire bien avant.

Pour finir, comment vois-tu évoluer l’e-santé dans les années à venir en France ?

La France se caractérise par une combinaison de quatre points majeurs qui en font un pays très particulier. En premier, son système de couverture sociale qui créé et c’est une chance pour nous un rapport distant entre l’acte médical et la paiement, donnant parfois l’illusion d’une gratuité aux usagers. En second, nous avons l’un des cadres réglementaires les plus stricts avec nos voisins allemands. Il est clair que les initiatives qui ne prennent pas en compte ces particularités, pour faire de ces contraintes une force, sont vouées à un avenir incertain. Nous l’avons récemment vu avec la levée de bouclier des associations de patients qui dénonçaient des approches ostensiblement mercantiles. Les troisièmes et quatrièmes points sont une transition démographique favorisant la demande de nouveaux services et enfin forte pénétration de l’Internet et du mobile produisant parmi les coûts d’accès les plus bas d’Europe.

Fort heureusement, nous avons en France, un écosystème dynamique et nous le savons bien tous deux pour avoir vu de nombreux projets naître depuis la création de la communauté #hcsmeufr devenue le Club Digital Santé.

On a récemment vu de nombreux groupes français se lancer dans ce marché comme Terraillon, SEB ou encore Décathlon du groupe Auchan. J’aurai aimé effectivement qu’ils en profitent aussi pour soutenir cet écosystème à l’image de ce qui se fait outre-Atlantique.

Il y a je crois un avenir radieux dans la rencontre de ces deux mondes et pour tous ceux qui veulent accompagner nos concitoyens et ces professionnels désireux de se retrouver dans une médecine participative respectueuse des aspirations et des équilibres de leur relation et des comptes publics.

Pour aller plus loin : www.sanoia.com ; @mselamnia

A la rencontre d’Evelyne Pierron

Régulièrement, je vous propose de partir à la rencontre d’un acteur du digital santé en France.

Aujourd’hui, partons à la rencontre d’Evelyne Pierron, consultante pharmacovigilance et créatrice de la plateforme pharmacovigilancepourtous.fr.

evepieBonjour Evelyne. Peux-tu te présenter brièvement ?

Bonjour Remy, un grand merci tout d’abord de t’intéresser à mes activités et de me donner l’opportunité de parler d’une de mes passions la pharmacovigilance. Médecin urgentiste de formation, j’ai commencé la pharmacovigilance tout à fait par hasard il y a 20 ans en assurant des vacations au Centre Régional de Pharmacovigilance de Paris Fernand Widal, puis j’ai travaillé pendant 8 ans à l’Agence du Médicament, l’Afssaps en pharmacovigilance et en biovigilance, en tant qu’expert national et européen à l’agence Européenne (EMA). Depuis 10 ans maintenant, j’ai créé ma société (Evelyne PIERRON Consultants) dédiée à la pharmacovigilance et aux Affaires Réglementaires et j’aide les laboratoires pharmaceutiques à répondre à leurs obligations en matière de pharmacovigilance.

Quel est limpact du digital sur la pharmacovigilance ?

La pharmacovigilance est une très vieille dame comme nous aimons le dire dans le milieu, dont la difficulté aujourd’hui bien évidemment pour elle est de s’adapter le mieux possible aux évolutions technologiques. Dans ce contexte, la transmission électronique des effets indésirables aux autorités de santé a été le premier gros impact sur le système européen de pharmacovigilance même si les Etats Unis (FDA) et le Royaume Uni (MHRA) avaient déjà pris de l’avance sur ce terrain et intégré depuis longtemps la déclaration en ligne auprès des industriels et des professionnels de santé. En France, nous avons pris énormément de retard mais la déclaration en ligne est désormais possible depuis la fin de l’année 2013, même reste un dispositif peu connu du grand public et considéré encore comme lourd par les professionnels de santé. Des sociétés ont compris le marché (Drugee, EveDrug) et développent des outils (service sécurisé de notification en ligne, applications mobiles) qui facilitent la collecte et la déclaration des effets indésirables.

L’autre gros impact en pharmacovigilance est l’arrivée de nouvelles sources d’informations telles que les forums de discussion patient, blogs, réseaux sociaux (Facebook, Twitter), moteurs de recherche et forums internet spécialisés, identifiées comme possible sources complémentaires dans le processus de surveillance des effets indésirables et une mine infinie de renseignements à explorer. Être à l’écoute des réseaux sociaux pourrait permettre de détecter des signaux faibles. La encore, des sociétés arrivent sur le marché (Kappa Santé, Digimind, LexisNexis…) et proposent des solutions aux laboratoires pharmaceutiques pour gérer ces données.

L’ANSM a également retenu un projet dans ce sens l’année dernière et au niveau européen, un gros projet est en cours (Innovative Medicines Initiative) pour intégrer les réseaux sociaux dans la détection de signal et dans le dispositif d’identification des effets indésirables.

Les publications scientifiques vont également dans le même sens en voyant le numérique comme un réel outil de santé publique.

Tu as récemment lancé la plateforme pharmacovigilancepourtous.fr. Peux-tu nous en dire quelques mots ?

PharmacoVigilance Pour Tous est né il y a environ  deux ans d’abord sous la forme de Scoopit, outil de curation, permettant de sélectionner les articles relatifs à la pharmacovigilance ( alerte, recommandations, retrait du marché etc…) et au médicament issus des sites de la presse grand public ou spécialisée, des sites  institutionnels (ANSM, HAS, Ministère de la Santé…) et de les diffuser sur les réseaux sociaux notamment Twitter. Aujourd’hui, j’ai souhaité transformer cette veille en un site « PharmacoVigilance Pour Tous  » qui n’a pas la prétention de se substituer aux sites institutionnels, ni de tout révéler sur la pharmacovigilance mais plutôt de le voir comme un site informatif à l’attention des professionnels de santé et des usagers. Je souhaite le faire évoluer avec des podcasts, et des interviews tout comme tu le fais des acteurs du système de santé. L’idée est d’en faire un site vivant où les acteurs, notamment les patients et les professionnels de santé s’y retrouvent.

Ce site Pharmacovigilance Pour Tous est aussi le fruit d’une rencontre inattendue avec un autre passionné de réalisation de projets digitaux, Chanfi Maoulida (Hopitalweb 2.0). Nous avons des points communs: scientifique, monde de la santé  et réseaux sociaux.

C’est une plateforme ne bénéficiant d’aucune subvention, gratuite et accessible à tous.

pharmacovigilancepourtous.fr

Observatrice de le-santé en France depuis de nombreuses années, comment vois-tu évoluer l’e-santé dans les années à venir en France ?

La révolution est en marche c’est indubitable et l’impulsion est d’autant plus marquée avec un acteur de santé de plus en plus présent, au cœur du dispositif: le patient. Toutes les enquêtes menées le confirment, qu’un internaute sur 2 recherche une information santé sur le Web. Les politiques de santé publique amorcent ce virage avec difficulté mais devront prendre en compte l’essor et la puissance de toutes ces nouvelles technologies pour améliorer la gestion des risques et la sécurité des patients. Les industriels ont déjà pris conscience de l’impact digital et s’organisent. L’environnement réglementaire doit évoluer afin de définir une véritable stratégie digitale des acteurs impliqués (autorités de santé, société prestataire, laboratoire).

Pour aller plus loin :  @PharmaVig, www.epconsultantsonline.fr , @EVEPIE

Denise Silber nous présente Doctors 2.0 & You 2014

Le congrès Doctors 2.0™ & You dédié au digital santé se déroulera les 5 et 6 juin prochain à Paris. Présentation avec l’organisatrice Denise Silber.

denise glassBonjour Denise. Avec Basil Statégies, vous organisez les 5 et 6 juin prochain une nouvelle édition du congrès Doctors 2.0 & You. Quels seront les points forts du programme ?

Bonjour Rémy. Merci pour l’intérêt que tu portes à Doctors 2.0 & You ! Le point fort principal du programme est de réunir les « influencers » de la santé digitale de plusieurs continents à Paris, dans une approche 360°, c’est à dire par toutes les parties prenantes : professionnels et patients, établissements, industriels, institutions, …Le programme est construit autour d’informations en avant-première, des animations, et du networking. Le fil conducteur est d’apporter du concret aux participants grâce à « l’analyse des résultats de la santé digitale. » Quant aux thématiques, citons les nouveaux outils et communautés en ligne pour médecins et pour patients, les applications mobiles et le quantified self, le Serious Game, le Google Glass, l’e-réputation, les campagnes sur les réseaux sociaux.

Quelles seront les grandes nouveautés de l’édition 2014 ?

1. Un challenge – Nous allons faire quelque chose qui, je pense, n’a jamais été faite en France. Nous allons réaliser un challenge de « quantified self » durant le congrès. Grâce à notre partenaire iHealthLabs Europe, tous les inscrits qui voudront participer au challenge se verront doter d’un tracker à l’entrée. Les noms des participants qui accepteront vont flasher pendant le congrès.

2. Davantage de cas pharma parmi les interventions. La pharma et : le quantified self, les communautés de patients, l’hôpital digital, la formation continue par le Serious Game, et encore.

3. Des nouveautés en plus : Des intervenants devenus « auteurs » vont signer leur livre sur place. Un étudiant en médecine qui a candidaté auprès de Stanford et Doctors 2.0 pour une bourse de voyage, va faire un reportage de Paris et de Palo Alto. Un patient passionné par la vidéo va tourner une douzaine d’interviews sur place. Les concours des start-up et de posters nous apportent des plus exceptionnels.

Peux-tu nous rappeler comment participer à cet évènement incontournable du digital santé ?

Les participants peuvent s’inscrire en ligne et choisir de régler par carte (une économie de 100 EHT) ou par facture. Dans notre nouvelle version du site http://www.doctors20.fr lancée il y a quelques jours, l’inscription est mise en avant sur l’accueil. Les organisations ayant 4 participants et plus sont invitées à nous contacter directement, car ils auront droit à une remise.

Observatrice du digital santé en France depuis de nombreuses années, comment vois-tu évoluer le digital santé dans les années à venir en France ?

Notre ami et intervenant, le Dr. Jacques Lucas du Cnom dit qu’il est « difficile de prédire l’avenir, surtout lorsqu’il s’agit du futur » ;-). Rappelons néanmoins que les Français ont pris le pli du digital et qu’ils ont envie de services « santé » comme le conseil d’un professionnel en ligne, la prise de rendez-vous en ligne, la communication digitale avec leur professionnel de santé, des applications adaptées à leur situation, le contact avec d’autres patients …. L’engouement pour les trackers en tous genres va accélérer leur usage dans la santé et la médecine. Les professionnels ont des attentes d’outils pratiques et se prêtent à des challenges. L’adoption du mobile favorise l’expansion des objets connectés. Au total, c’est un univers qui va poursuivre son expansion, même si la France reste un pays assez stricte au niveau des contraintes juridiques et réglementaires.

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Antoine Poignant nous présente PharmaSuccess 2014

Régulièrement, je vous propose de partir à la rencontre d’un acteur du digital santé en France.

Le 20 mars prochain se déroulera la quatrième édition de PharmaSuccess, le rendez-vous du marketing excellence de l’industrie pharmaceutique. Interview avec l’organisateur de cet évènement, Antoine Poignant.

apoignantBonjour Antoine. Pour ceux qui ne connaissent pas encore PharmaSuccess, peux-tu nous présenter brièvement cet évènement ?

Bonjour Rémy, la 4e édition de PharmaSuccess, congrès annuel marketing et business excellence santé, réunira plus de 500 congressistes, acteurs de la santé et de l’industrie issus de l’ensemble des métiers de la Pharma.

De plus, cette année —sous le signe de la Médico-Economie— auront lieu en même temps que PharmaSuccess, les Rencontres de la Recherche Clinique avec les soutiens de l’AFCROS, de l’AMIPS, et de l’ARIIS notamment et sous le haut patronage du Ministère de la Recherche.

Que peuvent trouver les participants à PharmaSuccess ?

En trois ans PharmaSuccess est devenu le point de convergence des managers de la santé. Ce rendez-vous annuel est devenu un incontournable de la profession où se discutent les nouvelles tendances du business excellence et du marketing santé. Cette année, nous sommes soutenus par le LEEM, l’UDA, l’ACIP, l’AMIPS, le SPEPS, la FNIM,  Le Club Digital Santé, LoiBertrand.info, ArobaSanté et Management Post Moderne.

Quels ont été les succès des trois premières éditions ?

Nous sommes devenus, en trois ans, une véritable référence du secteur : l’année dernière plus de 500 congressistes et cette année peut être dépasserons-nous les 600 ?

Le contenu est unanimement apprécié et nous répondons certainement à un besoin vis-à-vis des problématiques marketing santé et les enjeux business, sociaux et de réputation de l’industrie pharmaceutique.

Quelles sont les nouveautés attendues lors de cette édition 2014 ?

Les nouveautés de l’édition 2014 sont multiples :

  • Pleinière commune « Enjeux médico-économiques » avec les Rencontres de la Recherche Clinique
  • BarCamp #hcsmeufr “Les dix commandements du digital” organisé par le Club Digital Santé
  • Village des objets connectés santé
  • MeetUp Quantified Self Santé & Données Personnelles
  • Et toujours, livetweet et tweetwall #PharmaSuccess

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 Observateur du digital santé et du monde de la pharma, quel regard portez-vous sur la « révolution digitale » au sein de cette industrie ?

A l’heure de la santé connectée, du quantified self et de la gamification, les entreprises de Santé sont engagées dans un processus de transformation de leur business model qui modifie profondément les organisations. Les big pharmas mettent toutes en place des “Digital Académies” pour former leurs collaborateurs aux enjeux du digital.

Les organisations mises en place sont très variées et des typologies gagnantes vont se dessiner : probablement le e totalement intégré au sein d’un marketing cross-canal et l’intégration d’une démarche d’inbound marketing, notamment par externalisation de l’infomed et de la pharmacovigilance. Le social media monitoring sera intégré au marketing.

Le digital et les objets connectés santé créent des opportunités d’innover dans les services et la promotion de la santé. Tout reste à faire. Les laboratoires vont avoir à s’approprier ce nouveau champ et ne pas se contenter d’observer, sinon c’est incontestablement une perte de légitimité et de plus en plus de difficultés.

L’industrie pharmaceutique, qui produit du soin (médicaments + services), ne peut plus rester étrangère à ce phénomène économique majeur, dans lesquels les plus grands acteurs mondiaux sont  désormais impliqués : Apple, Google, Nike, Samsung… face aux entrants comme iHealth, Withings…

Tout résidera dans la mise en place du canal digital au sein d’un mix nouveau pour l’industrie, intégrant l’internet des objets et son écosystème. L’argument de mise en place d’une stratégie digitale sera l’efficacité, désormais impossible à obtenir autrement ! Enfin, ce sera un moyen pertinent d’aller “jusqu’au patient”.

En conclusion, quels sont les grands enjeux du marketing pharma dans les mois à venir ?

2014, sera une année médico-économique et digitale. L’évaluation médico-économique obligatoire redéfinit les règles d’accès au marché pour le médicament dans un parcours de santé, change la donne concurrentielle et fait entrer, comme le digital,  l’ensemble des métiers de l’entreprise dans une nouvelle culture.

La révolution digitale, l’accélération des progrès scientifiques, l’émergence du patient informé, l’Europe, les Régions, représentent aujourd’hui autant d’opportunités de faire du médicament un vecteur de « promotion de la santé », au sein de l’organisation des soins. C’est pour nous le grand enjeu marketing santé de 2014.

Pour aller plus loin :

A la rencontre de Chanfi Maoulida et Hôpitalweb 2.0

Régulièrement, je vous propose de partir à la rencontre d’un acteur du digital santé en France.

Aujourd’hui, partons à la rencontre de Chanfi Maoulida (chanfimao), Chef de projet Digital à l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) et créateur du site Hôpitalweb 2.0.

Chanfimao_hopitalwebBonjour Chanfi. Peux-tu te présenter brièvement ?

Bonjour Rémy, et un grand merci de me donner l’opportunité de parler d’une passion.

Je livre ici un point de vue tout à fait personnel, qui n’engage que moi, sur la manière dont je vis et observe l’arrivée de l’hôpital 2.0. Je travaille à l’AP-HP comme chef de projet stratégie digitale  et en parallèle, je mène une activité d’une part de veille et d’autre part de militant sur l’entrée des nouvelles technologies à l’hôpital public.

Un peu geek, WordPress addict et concepteur de projet web depuis plus de 10 ans, j’expérimente et propose des solutions digitales pour  l’AP-HP. J’exerce un nouveau métier qui n’a pas encore trouvé sa place dans la grille de lecture institutionnelle, aux confluences de l’informatique, du web, de la communication et du service à l’usager. C’est en effet une approche guidée par l’usage et non par la technique.

J’ai commencé par la recherche clinique en accompagnant et en réalisant le déploiement du projet SiGAPS initié au CHRU de Lille, au sein des 37 hôpitaux de l’AP-HP. C’est un projet dédié au recensement, à l’évaluation et la valorisation des publications scientifiques  des 15 000 médecins de l’AP-HP. Cela fut à l’époque une révolution.
Ce projet a constitué un déclic et m’a fait basculer du côté obscur de la force de l’hôpital 2.0. Je me suis ensuite intéressé aux usages du web dans le secteur public et sur la place des nouvelles technologies dans le déploiement d’un système d’information.

Mon dernier projet en date est la conception et le déploiement des nouveaux portails internet des hôpitaux de  l’AP-HP basée sur la technologie WordPress. Ce projet a été construit en étroite collaboration avec les hôpitaux à partir de leurs propres besoins. Le web 2.0 a permis de travailler en mode agile, itératif, pragmatique et rapide. C’est un projet qui évolue perpétuellement en fonction des attentes et du feedback des utilisateurs.

Peux-tu nous dire quelques mots sur Hôpitalweb 2.0 et sa nouvelle version ?

Au vu de l’évolution rapide entourant l’Internet santé, que ce soit en termes technologiques ou de contenus informationnels, il m’a semblé opportun de créer ce concept de veille collaboratif afin d’identifier les manques et de détecter les tendances émergentes.

Hopitalweb2.com se caractérise par l’instantanéité, la facilité d’échange de l’information, l’interactivité, la collaboration et l’esprit communautaire.

La cible principale de ce site est constituée de tous les acteurs d’un projet web au sein d’un hôpital ou de tout établissement public de santé. Il s’adresse aussi à tout professionnel de santé susceptible de rechercher des informations en temps réel sur l’e-santé.
C’est un agrégateur de contenu santé. Il sert autant sa cible que sa cible lui sert. C’est un laboratoire de test virtuel et un champ d’expérimentation, je le fais évoluer en permanence en fonction des tendances.

Hopitalweb2.com constitue une  première tentative au sein de l’hôpital public  pour comprendre et mieux appréhender les nouveaux défis de l’e-santé. Il s’attache à rendre visible le développement de ce secteur d’activité qui doit être vu comme un secteur de croissance porteur d’innovations et d’opportunités d’excellence.

C’est un projet au service de l’innovation et qui permet :

  • l’accès aux nouvelles idées qui fonctionnent et à leur appropriation par l’hôpital
  • l’observation de l’évolution dynamique des échanges autour de l’e-santé et de l’hôpital en particulier
  • la mesure immédiate de la vitalité des sujets e-santé dans le monde…

Le concept d’hopitalweb2.0 s’inscrit dans une démarche volontariste et novatrice pour apprivoiser ces nouveaux mondes.

hopitalweb2.0Observateur du digital santé, quel regard portes-tu sur la transformation digitale des hôpitaux ?

Le digital impacte profondément l’hôpital public et  provoque d’importantes modifications sur la façon de communiquer. On constate que les patients se regroupent en communautés ou utilisent les réseaux sociaux pour trouver des informations sur l’hôpital, le service ou le médecin. Internet est ou sera  au centre de l’activité quotidienne de l’hôpital. Cette évolution exige la recherche d’un nouveau modèle d’interaction entre l’hôpital, les patients et les professionnels de santé.

Je suis convaincu que le secteur public peut innover sur le digital sans forcement se lancer dans des projets couteux et trop longs. J’observe depuis la publication des nouveaux portails internet, un changement de comportement et une meilleure compréhension des enjeux. J’assiste de plus en plus à l’émergence de nouveaux besoins pour les hôpitaux en termes de prise de rendez-vous en ligne, pré-admissions, paiement en ligne, numérisation des données de santé, dématérialisation des dossiers et même d’applications mobiles…

Ces e-services constitueront une nouvelle forme de services marketing, avec un avantage de coût et de pénétration qui sera supérieur aux pratiques actuelles.  La transformation digitale est un levier pour promouvoir une culture de l’engagement  de service. D’ailleurs, l’hôpital doit impérativement comprendre les ressorts de la personnalisation du web 2.0 et cela lui ouvre des perspectives en matière de propositions d’offres ou de services annexes.
Il me semble qu’une nouvelle organisation est alors à construire pour mieux analyser les données recueillies, pour mieux cibler la communication ou pour mieux orienter les patients. L’hôpital devra se mettre en capacité d’apporter des réponses au patient et à l’usager dans un délai « contractuel ».

Pour finir, comment vois-tu évoluer l’e-santé dans les années à venir en France, et plus spécifiquement au sein de l’hôpital ?

Dans le domaine de la santé et de l’hôpital en particulier, une (r)évolution est en marche. Cela induit que l’hôpital public est contraint de s’adapter aux exigences économiques mais aussi d’innover en termes d’offres. Il doit imaginer les outils web qui correspondent à sa culture et à son contexte socio-économique. Il se servira des nouvelles technologies mais aussi de l’open data pour continuer à contribuer à l’équité dans l’accès aux soins et à préserver sa mission de service public.

L’e-santé ne saurait constituer une fin en soi mais un moyen parmi d’autres pour contribuer à améliorer la prise en charge des patients. La technologie ne doit en effet pas se substituer au contact humain.

A mon sens, l’e-santé offre une nouvelle opportunité à l’usager du service public hospitalier : celle de choisir sans restriction ses services, ses contacts ou contenus. Ce qui constitue un véritable changement et un défi pour l’hôpital public. Là où par exemple l’offre de soins s’avérait intangible et structurée par l’hôpital dans le passé, elle devient flexible et peut être adaptée en fonction des cibles visées. Le patient est en attente de nouveaux services, notamment destinés à rompre son isolement à domicile et à lui éviter les déplacements inutiles.

Je pense qu’il faut  capitaliser sur les réalisations du terrain pour impulser et légitimer des réorganisations qui  mettent le patient au centre de son parcours de soins. Il est nécessaire de mettre en œuvre des solutions souples, évolutives et réactives. Il faut réserver les moyens financiers disponibles pour investir  dans ce qui « fait la différence ».

Je crois que l’hôpital public est capable de se renouveler rapidement et de saisir les opportunités apportées par l’e-santé ou par l’open data pour proposer des offres innovantes. Cependant la réussite de tels projets nécessite de mettre en œuvre une démarche graduelle et intelligente qui prend en compte les objectifs, les outils et la culture de “l’hôpital public”.

Je ne peux terminer cette interview sans remercier l’équipe de choc qui m’accompagne et qui participe activement  sur ces projets depuis quelques années : Stéphanie Gros et Apolline Weber. Un petit clin d’œil à Loubna Slamti et à tous les apprentis que nous accueillons tous les deux ans.

Rien ne change, tant qu’on ne change rien.

Pour aller plus loin : hopitalweb2.com, @chanfimao, http://www.scoop.it/u/chanfimao

A la rencontre de Loic Etienne et de e-docteur

Régulièrement, je vous propose de partir à la rencontre d’un acteur du digital santé en France.

Aujourd’hui, partons à la rencontre du Dr Loic Etienne, médecin urgentiste et inventeur du système expert d’e-docteur, plateforme web d’analyse des symptômes.

Loic-etienneBonjour Loic. Peux-tu te présenter brièvement ?

Je suis médecin urgentiste depuis 34 ans. Sans doute est-ce ce contact fort mais éphémère avec les patients qui m’a amené en 1987 à créer 3615 ECRAN SANTE avec le soutien du Gan. Notre but était de préparer la venue du médecin à domicile en donnant des conseils préalable à la visite, et de l’accompagner avec des informations après le départ de celui-ci. Par la suite j’ai fondé docteurclic.com qui a été le prolongement internet de cette idée initiale. Avec notre équipe de médecins nous avons répondu à 450.000 questions et rédigé plus de 30.000 pages d’information santé. Le Système expert MEDVIR est le fruit de 25 années de travail et de réflexions que j’ai développées dans zeblogsante.com

Comment est venue lidée de e-docteur ?

L’idée d’un système expert remonte dès l’époque du minitel en 1987, où j’ai commencé à mettre au point un système d’aide à la décision très embryonnaire consistant à répondre aux questions des patients face à une situation de santé urgente : que faire ? Est-ce grave ? Qui appeler ? Avec l’amélioration des performances des ordinateurs, j’ai pu modéliser les principes de base d’un raisonnement médical qui doit au cours d’un simple interrogatoire, envisager des causes possibles au problème du patient, dépister une urgence, et envisager les suites à donner. Cela m’a amené à constater qu’une décision médicale dépendait bien entendu des diagnostics suspectés, mais que l’absence de diagnostic n’empêchait pas de prendre une décision. Il a donc fallu trouver un système d’intelligence artificielle en mesure de résoudre cette problématique, ce qui a pris beaucoup de temps. Le système actuel a 5 années de recul. La rencontre avec e-santé qui a créé e-docteur a été très naturelle, car il nous a semblé que c’était le seul site à fort trafic et ayant des préoccupations communes avec les nôtres, en mesure d’accueillir ce système MEDVIR et de le proposer à ses internautes.

Quel apport pour linternaute ? Quelles fonctionnalités ?

Le mode de recueil des symptômes est très simple puisqu’il s’agit de répondre à des séries de questions compréhensibles par tous, simplement en cochant des cases. En moins de 5 min, le système envisage (ou pas) des causes possibles, il fournit des conseils (gestes à faire et ne pas faire, médicaments d’automédication, signes à surveiller, explications sur les causes possibles…). Enfin, il balise la situation avant la consultation du médecin ou l’appel aux secours adaptés. Ainsi, grâce à cette sorte de « régulation virtuelle », le patient peut être éclairé sur sa situation et les moyens d’y remédier. Mais ça s’arrête là. En effet, un régulateur réel au téléphone par exemple, est un médecin qui prend des mesures réelles (envoi d’un médecin, d’une ambulance, etc.) et il accomplit de ce fait un acte médical. Ce système n’est qu’une machine qui donne des informations indicatives et qui ne sera jamais en mesure de réaliser un acte médical. Ce système ne peut donc en aucun cas remplacer une consultation avec un médecin, laquelle est la seule susceptible, grâce à l’examen clinique et les examens complémentaires, de poser un diagnostic et de mettre en route un traitement et un suivi. Son seul objectif est de rassurer quand c’est possible et alerter quand c’est nécessaire. Il se comporte comme le pilote automatique d’un avion qui recueille des données et qui vérifie que tous les voyants sont au vert. Mais c’est le pilote qui au final prend les décisions.

Logo-e-docteur

Comment est perçu e-docteur par tes pairs ?

Quand j’ai commencé il y a 25 ans, le seul fait de fournir des informations en santé était considéré comme dangereux par une grande majorité de médecins. 25 ans après, ce sont les médecins eux-mêmes qui s’emparent de la e-santé et qui, suivant en cela les recommandations de l’Ordre des Médecins de Décembre 2011 (livre blanc de la déontologie médicale sur le web), s’investissent dans des sites et des applications à destination du public. Il y a bien sûr encore des résistances, qui sont moins liées à un rejet de ce genre de système, qu’à une crainte légitime que le médecin et surtout la relation médecin-patient soit pervertie et infiltrée par le monde assuranciel et pharmaceutique. Il y a également la crainte d’une déshumanisation de la relation médecin-patient, mais je pense bien au contraire, que des patients mieux informés et mieux régulés avec des médecins mieux rémunérés qu’ils ne le sont, donc ayant plus de temps à consacrer à la consultation, permettront de réhumaniser la relation. Des médecins m’ont d’ailleurs contacté car ils sont intéressés pour amener leur pierre à l’édifice et contribuer à l’inlassable et nécessaire amélioration de ce système.

Tu as développé les concepts de médecine 3.0 et santé 3.0. Peux-tu nous en dire quelques mots ?

Le principe de la santé 3.0 est de considérer que le monde 2.0 que nous vivons actuellement et qui met en relation bijective l’individu et la société au travers d’un ordinateur, est prêt à se compléter désormais par un 3ème acteur qui est la machine elle-même. Dans le monde 3.0, la machine, parce qu’elle est intelligente et encadrée par une éthique très stricte, est en mesure de donner un avis ou des informations à l’individu et à la société avec qui elle communique. C’est grâce à ces deux qualités indispensables que les individus accepteront de fournir des données de santé anonymes, mais géolocalisées et personnelles qui permettront de recueillir des big datas qualifiées et hiérarchisées. Cette masse de données intelligibles va nous permettre de faire de la médecine 3.0 dont l’un des exemples est l’épidémiologie en temps réel (suivi d’épidémies, ou de pathologies sur tout le territoire, soupçonnés par le simple recueil des symptômes par le patient), et d’observer à l’échelle de l’ensemble de la population des phénomènes sur lesquels nous n’avons que des études très parcellaires. Exemple : quelle est l’effet réel d’une ligne à haute tension ou des antennes relais sur les symptômes et les pathologies des habitants à proximité ?

Observateur de le-santé en France, comment vois-tu évoluer l’e-santé dans les années à venir en France ?

L’avenir est à la prévention personnalisée (la prévention 3.0), cela participera de l’amélioration de la santé individuelle.  Par ailleurs l’observation des populations à grande échelle sur de multiples pathologies en se servant du formidable levier des communautés de patients, va, je pense, nous permettre de découvrir des relations insoupçonnées entre des pathologies disjointes et faire avancer à la fois la recherche fondamentale et la séméiologie (l’étude des signes). Notre médecine souffre du cloisonnement entre les spécialités médicales ; cette absence de transversalité, fait que des pathologies comme le psoriasis ou les maladies auto-immunes par exemple, limitent notre façon de les observer et diminuent notre capacité à comprendre les liens invisibles qui les relient. Je pense donc que la participation du monde de médecins plus transversaux et du monde des patients co-acteurs de la santé autour de machines intelligentes et éthiques va nous faire entrer dans une autre vision de la médecine. Ceci ne sera toutefois possible que si l’on respecte ce temple sacré qu’est une  relation forte, humaine et confiante entre le patient et son médecin.

Pour aller plus loin : e-docteur ,  www.zeblogsante.com