Regards croisés sur l’e-santé : Denise Silber et Rémy Teston

Doctors 2.0 & You est le rendez-vous annuel pour faire le point sur la santé digitale. Selon Rémy Teston, auteur de Buzz E-santé et manager digital pharma, un congrès comme Doctors 2.0 & You permet d’avoir un panorama des principales tendances avec l’intervention d’experts internationaux sur les différents domaines de l’e-santé, et de transposer ces apprentissages à notre contexte.

RT-DSDenise Silber, fondatrice du congrès et Rémy Teston, en accord sur les grands constats, vous présentent leurs quatre conclusions clé.

 1. Augmentation du niveau de connaissances concernant les nouvelles technologies, sous l’effet de l’abondance d’informations.

  • Les grands acteurs web 2.0, tels Facebook, Twitter, Google et les acteurs du hardware comme Apple, IBM, Microsoft ou Samsung investissent de plus en plus dans le domaine de la santé.
    • A titre d’exemple, Google travaille sur de nombreux projets ayant attraits à la santé : le génome humain, la téléconsultation, partenariat avec des institutions comme la Mayo Clinic pour fournir des informations de qualité…
  • Des avancées technologiques comme  celle de la voiture autonome ou la robotique marquent les esprits.
  • La French Tech et ses nouvelles start up qui commencent à faire parler d’elles sur le plan international contribuent aussi à l’intérêt croissant pour ce secteur
  • L’organisation d’évènements collaboratifs comme les « hackathon » permettent d’impliquer tous les acteurs.

2. Omniprésence des objets connectés dans l’actualité technologique, et dans la Santé. 

  • La médiatisation de plus en plus forte d’évènement comme le CES de Las Vegas contribue à placer les objets connectés comme la tendance forte du monde technologique d’aujourd’hui et notamment de l’e-santé.
  • On observe une multiplication des acteurs sur ce marché des objets connectés santé : des spécialistes (Withings, iHealth, fitbit…), des big techs (Google, Apple, Microsoft, Samsung, Intel…), des industriels (Philips, Toshiba, Terraillon…), des laboratoires pharmaceutiques (Sanofi, Mercj Serono, Abbott…) et bien d’autres encore
  • Google Glass est amené à se développer dans la Santé même si sa carrière grand public est mise en doute depuis quelques semaines. A l’intérêt des chirurgiens pour Google Glass, s’ajoute celui du dossier médical visible sur Google Glass, lors d’une consultation, et bien d’autres à venir.
  • Les objets connectés mettent en lumière l’importance du Big Data, et la problématique de la gestion des données et de leurs utilisations par le corps médical

3. Ne pas confondre l’actualité de la santé digitale et la réalité des usages. 

  • La santé digitale aide les patients et proches au quotidien à travers les communautés en ligne et même les très nombreux sites d’information.
  • Le dossier médical en ligne reste un sujet de préoccupation. Son intérêt est réel mais les Français n’en ont toujours pas.
  • Quant aux applications mobiles, elles sont de plus en plus nombreuses, mais très inégales.
    • Dans le domaine de la dépression et la douleur, des applications nouvelles apportent une  approche digitale complémentaire du médicament.
    • L’industrie pharma a multiplié le nombre de nouvelles applications proposées.  Mais toutes ne bénéficient pas du soutien nécessaire ou ne répondent pas à un besoin réel. A cela s’ajoute le peu d’investissement budgétaire dans la promotion des intiatives et les mises à jour dans la durée.
    • Aujourd’hui, les médecins ne les prescrivent que rarement (17% selon le dernier baromètre Vidal/ CNOM parut en février)
    • Besoin d’avoir un label ou une plateforme d’évaluation soutenue par les autorités de santé pour permettre aux professionnels de santé et aux patients de s’y retrouver. La plateforme DMD Santé va dans ce sens.

4. Nouvel écosystème avec une convergence de tous les acteurs.

  • On observe de nouvelles collaborations entre différents acteurs : l’industrie pharmaceutique, les assureurs, et les sociétés de technologie, autour de la prévention, le parcours de soin, l’amélioration de l’observance, l’articulation entre l’ambulatoire et le médico-social.
  • De nouveaux fonds d’investissement, de nouveaux accélérateurs s’installent en Europe.
    • En revanche, la vraie transformation digitale des grandes industries, dans un souci de satisfaction client,  n’est pas encore bien tracée.

De tout ceci, il est plus que jamais nécessaire de faire le point, une fois par an, en prenant un bain intense, 360°.

« Innovative, Insightful, Inspiring », Doctors 2.0 & You nous tend les bras…

 

Publicités

La M-Santé et le Quantified Self au cœur des évolutions de la e-santé

L’e-santé est en pleine mutation. Dans notre vie de tous les jours, le numérique prend une place de plus en plus importante via notamment l’émergence des supports mobiles. Le domaine de la santé ne déroge pas à la règle.

chroniques-buzzesanteAprès la multiplication des sites web sur des pathologies ou des forums de discussion, nous observons aujourd’hui de nouvelles tendances centrées sur la mobilité. L’émergence des tablettes mobiles et l’essor des smartphones ont engendré le développement de nombreuses applications pour le grand public mais également pour les professionnels de santé. Aujourd’hui, on compte plus de 100 000 applications santé/bien être dans les différents stores d’application (AppStore, Google Play, Windows store…). Il est donc difficile pour les professionnels de santé et le grand public de s’y retrouver. Face à ce développement de la m-santé, la certification des applications mobiles devient un enjeu essentiel. Evaluer et labelliser les applications mobiles santé est aujourd’hui indispensable pour développer la confiance dans la santé mobile.

Pour répondre à ce besoin, quelques initiatives émergent mais nous n’en sommes qu’au balbutiement. En France, quelques plateformes sont lancées ou en cours de lancement  comme dmd Santé et Medappcare. L’objectif de ces plateformes est d’évaluer au travers de grilles d’évaluation précises les principales applications mobiles santé dédiées aux patients, à leurs aidants ainsi qu’aux professionnels de santé. A titre d’exemple, au Royaume-Uni, les pouvoirs publics ont pris les choses en main avec le lancement par la NHS d’un store d’évaluation des applications mobiles santé qui pourrait être une bonne source d’inspiration pour les autorités de santé française!.

Emergence du Quantified Self

Au cours des derniers mois, l’e-santé a pris un nouvel élan en France avec l’émergence de la Santé connectée ou Quantified Self. Le Quantified Self désigne les outils, les principes et les méthodes permettant à chaque personne de mesurer ses données personnelles, de les analyser et de les partager notamment via des supports mobiles. Les outils du Quantified Self peuvent être des capteurs, des applications mobiles ou des applications Web. Des outils et capteurs connectés sont aujourd’hui disponibles pour le grand public comme des podomètres, tensiomètres ou balances. Les supports mobiles, smartphones et tablettes, deviennent ainsi de véritables tableaux de bord personnalisés de sa santé.

A noter le lancement en mai dernier de l’opération My Santémobile, placée sous le haut patronage du Ministère délégué chargé des PME, de l’Innovation et de l’Economie numérique  avec pour objectifs d’évaluer l’impact des objets connectés sur l’activité physique en menant une étude auprès de 1000 français durant 6 mois et sensibiliser l’opinion publique aux bienfaits sur la santé d’une activité physique régulière, en découvrant les atouts de la santé connectée.

Les objets connectés font également leur apparition dans les hôpitaux pour surveiller la tension, participer à la rééducation ou établir une nouvelle relation patient-soignant. A titre d’exemple, l’unité d’hypertension artérielle de l’hôpital Georges Pompidou à Paris a opté pour des objets connectés type tensiomètre. Une tendance qui continuera de croître au cours des prochains mois et des prochaines années.

De nouvelles initiatives digitales pour la relation patient-hôpital

Du côté des hôpitaux des initiatives digitales intéressantes sont apparues au cours des derniers mois. On peut citer l’AP-HM qui a lancé sur sa chaîne YouTube la web série CancérO destinée à informer et rassurer les patients atteints de cancer, l’hôpital Necker-Enfants malades (AP-HP) qui a mis en ligne un espace virtuel maladies rares et maladies chroniques ou encore un guide virtuel « La Famille Ospi » de l’hôpital de Villefranche-sur-Saône.

Et demain ?

L’e-santé est en perpétuelle évolution. De nouvelles innovations révolutionneront bientôt certaines pratiques hospitalières comme par exemple l’arrivée des Google glass (lunettes connectées) dont certaines expérimentations ont été menées aux Etats-Unis au niveau des services d’urgences ou au sein des blocs opératoires.

———————-

Chronique e-santé pour la Revue DSIH, Octobre 2013